Lorsqu'un dirigeant nous rencontre pour la première fois, il finit presque toujours par poser la même question :
"Comment vous êtes-vous connus ?"
C'est une question importante. Parce que reprendre une entreprise à deux est une aventure exigeante. Et parce qu'avant de confier l'œuvre de toute une vie à des repreneurs, il est normal de vouloir comprendre ce qui les unit.
Une box de CrossFit à Puteaux, en 2019
Notre histoire a commencé en 2019, à la box de CrossFit de Puteaux. À l'époque, nous étions tous les deux salariés. Nous étions également voisins, par le plus grand des hasards. Nous avons rapidement sympathisé malgré nos dix-huit années d'écart.
Comme souvent dans le sport, les premières discussions ont commencé simplement. Une séance. Puis un café après l'entraînement. Puis une autre séance. Puis un autre café. Les sujets étaient rarement sérieux. On parlait de sport. De motos. De travail. De nos projets. De nos familles. De tout et de rien.
Les mois ont passé. Puis sont arrivées les premières compétitions. Celles qui obligent à sortir de sa zone de confort. Celles qui créent des souvenirs communs.
Le sous-sol d'un immeuble, pendant le confinement
Puis le Covid est arrivé. Comme tout le monde, nous nous sommes retrouvés confinés. Les salles de sport étaient fermées. Les entraînements interdits.
Mais nous étions voisins. Alors chaque matin, avant d'allumer nos ordinateurs pour une nouvelle journée de télétravail, nous trouvions le moyen de nous retrouver discrètement dans le sous-sol désert de l'immeuble. Quelques haltères. Un peu d'imagination. Beaucoup de motivation. Et surtout l'envie de conserver ce rituel qui faisait déjà partie de nos vies.
Avec le recul, ces moments comptent probablement davantage que les entraînements eux-mêmes. Parce qu'ils ont permis à une relation sportive de devenir une véritable amitié.
Le hasard, deux fois
La vie a continué. Mickaël s'est lancé dans l'entrepreneuriat. Nos familles se sont agrandies. Nos enfants sont nés à quelques mois d'intervalle.
En 2022, nous avons tous les deux déménagé pour gagner une chambre supplémentaire. Sans nous consulter. Sans même en parler. Et pourtant, chacun de notre côté, nous avons choisi Asnières-sur-Seine. Le hasard, une deuxième fois.
Nous ne sommes plus voisins aujourd'hui. Mais nous ne sommes jamais très loin. Entre-temps, Mickaël est devenu le témoin de mon mariage.
Bien plus qu'un groupe de sport
Notre histoire ne se résume pas au CrossFit. En réalité, nous faisons partie d'un groupe d'une douzaine d'amis qui se retrouvent presque chaque matin à l'aube pour s'entraîner avant d'aller travailler.
Vu de l'extérieur, cela ressemble à un groupe de sport. En réalité, c'est bien plus que cela. Nous avons traversé ensemble des moments heureux et des moments difficiles. Nous avons participé à des compétitions. Nous nous sommes aidés lors de déménagements. Nous nous sommes rendus des services. Nous sommes partis en vacances ensemble. Nous trouvons régulièrement de nouveaux prétextes pour nous retrouver.
Ce qui rend ce groupe particulier, c'est sa diversité. Les métiers n'ont rien à voir. Les parcours non plus. On y trouve des entrepreneurs, des cadres dirigeants, des commerciaux, des comptables, des policiers, des cuisiniers et bien d'autres profils encore. Les âges sont différents. Les origines sont différentes. Les parcours de vie sont différents.
Et pourtant, quelque chose nous rassemble. La confiance.
"Banco."
Cette confiance est probablement la raison pour laquelle le projet MVH Partners a vu le jour.
À vrai dire, aucun de nous ne se souvient précisément de celui qui a prononcé les premiers mots. Qui a parlé de reprise d'entreprise en premier. Qui a proposé de s'associer.
Ce dont nous nous souvenons en revanche, c'est de la réponse. Elle a été immédiate.
Banco.
Deux façons de voir le monde
Pour être totalement honnête, nous sommes pourtant très différents. Et c'est probablement ce qui fait notre force.
Je passe beaucoup de temps à réfléchir aux problèmes avant qu'ils n'arrivent. J'analyse. J'anticipe. Je construis des scénarios. Je cherche les risques. Je prépare des plans de secours.
Mickaël fonctionne autrement. Pour lui, presque tout a une solution. Rien n'est vraiment un problème. Tout va finir par s'arranger.
Lorsque nous avons commencé à travailler ensemble sur le projet de reprise, je me faisais une montagne de sujets qui étaient totalement nouveaux pour moi. La création d'entreprise. Les statuts. La rémunération. La protection sociale. La retraite. La mutuelle. L'administratif. Toutes ces choses que les salariés n'ont jamais vraiment besoin de gérer.
Mickaël les regardait avec une sérénité déconcertante. Pour lui, ce n'étaient que des détails. Il m'a répété des dizaines de fois :
"Tout ça, on va le régler."
Avec le recul, il avait raison.
Et aujourd'hui encore, notre fonctionnement reste le même. Je réfléchis souvent à tout ce qui pourrait mal se passer. Mickaël est convaincu que tout va bien se passer. Parfois cela me rend fou. J'ai même régulièrement envie de l'étrangler. Mais force est de constater que cette complémentarité fonctionne remarquablement bien.
Un projet à deux signatures, porté par un collectif
Et si nous avons pu aller aussi loin dans cette aventure, ce n'est pas seulement grâce à nous. Nos familles nous soutiennent. Nos amis nous soutiennent. Notre entourage nous soutient. C'est une condition indispensable. Car reprendre une entreprise n'est jamais un projet individuel.
Derrière les repreneurs, il y a toujours des proches qui acceptent les sacrifices, les inquiétudes, les discussions tardives et les week-ends passés à travailler sur un dossier. Depuis le début de cette aventure, chacun a contribué à sa manière. Un conseil. Un contact. Une expertise. Un encouragement. Une mise en relation.
Cette aventure porte deux signatures. Mais elle est aussi le fruit d'un collectif beaucoup plus large.
Et finalement, c'est peut-être ce qui nous ressemble le plus. Nous croyons profondément que les plus belles réussites sont toujours des aventures humaines avant d'être des aventures financières.
À bientôt pour l'épisode n°3.